Chaque année, le rendez-vous salarial réunit, autour du ministre chargé de la Fonction publique, les organisations syndicales représentatives et les employeurs publics des trois versants pour évoquer l'évolution de la rémunération des agents. Celui du 8 juillet 2026 était particulièrement attendu après plusieurs exercices marqués par le gel du point d'indice, valeur de référence qui sert de base au calcul du traitement de l'ensemble des fonctionnaires.
Sans surprise pour les organisations syndicales, le ministre a de nouveau écarté toute revalorisation générale du point d'indice, invoquant son coût pour les finances publiques : une augmentation d'un point représente environ 2,4 milliards d'euros de dépense supplémentaire, répartie entre l'État, les collectivités territoriales et les établissements hospitaliers. Dans le contexte budgétaire actuel, cette option a été jugée incompatible avec la trajectoire de redressement des comptes publics.
Des mesures ciblées plutôt qu'une revalorisation générale
À défaut d'une mesure générale, le gouvernement a mis en avant plusieurs mesures ciblées destinées à répondre aux situations jugées les plus sensibles :
L'essentiel à retenir
- Aucune revalorisation générale du point d'indice n'est annoncée à ce stade ; le coût budgétaire (2,4 milliards d'euros par point) est mis en avant par le ministère.
- Le classement à la sortie des concours sera amélioré, afin de rendre les débuts de carrière plus attractifs.
- Les taux de promotion dans les catégories A, B et C seront progressivement relevés.
- Des points d'indice supplémentaires seront attribués en bas de grille, pour limiter le tassement des rémunérations avec le SMIC.
- Les organisations syndicales jugent ces annonces insuffisantes ; des discussions techniques se poursuivent en septembre 2026, dans la perspective du projet de loi de finances pour 2027.
L'amélioration du classement à la sortie des concours doit permettre aux nouveaux agents d'être positionnés plus favorablement dans leur grille indiciaire dès leur prise de poste, un enjeu particulièrement suivi sur les métiers en tension de recrutement. La hausse progressive des taux de promotion dans les catégories A, B et C vise, quant à elle, à fluidifier les déroulements de carrière et à réduire les délais moyens d'accès au grade supérieur. Enfin, l'attribution de points d'indice supplémentaires en bas de grille doit contenir l'écart entre les premiers échelons de la fonction publique et le SMIC, qui a mécaniquement continué de progresser ces dernières années.
Des organisations syndicales unanimement critiques
À l'issue de la réunion, l'ensemble des organisations syndicales représentées ont fait part de leur déception face à l'absence de mesure générale, estimant que les dispositifs ciblés annoncés ne compensent pas la perte de pouvoir d'achat accumulée par les agents publics depuis plusieurs années. Plusieurs d'entre elles ont réclamé l'ouverture rapide de négociations sur une clause de sauvegarde du pouvoir d'achat, ainsi qu'un calendrier précis de mise en œuvre des mesures annoncées.
Le ministère a pour sa part indiqué que des discussions techniques se poursuivraient dans les prochaines semaines, avec pour horizon le projet de loi de finances pour 2027, qui devrait préciser le financement effectif des mesures ciblées présentées lors de ce rendez-vous salarial.